Interview n°36 : Elise

Elise est une jeune maman de 32 ans qui vit à Rouen. Vous connaissez peut être déjà son histoire car elle l’a raconté à France Lymphome Espoir qui l’a publié dans son « Lymphom’Action » de Mars 2017.

• Quel lymphome as-tu ?
Un lymphome type B agressif stade 2.

• Quand et comment as-tu découvert la maladie ?
Dans la nuit du 3 au 4 août 2015, je me suis levée. J’ai sentie une boule qui était sortie, (pour moi d’un seul coup), au niveau de la clavicule. Je n’y prête pas grand intérêt sur le coup. J’étais enceinte de 5 mois d’une grossesse gémellaire.
Le lendemain je devais voir mon médecin traitant pour renouveler mon arrêt. J’étais très fatiguée. Je lui montre cette boule. Je vois tout de suite dans son regard qu’il se questionne. Il remarque que j’en ai aussi plusieurs sous l’aisselle. Il me demande de faire une échographie. Et me demande s’il y a des antécédents de cancer du sein dans ma famille. Ce qui n’est pas du tout le cas.
2 jours après je passe une écho, je suis renvoyée en urgence au CHU de Rouen. Ces derniers sont perdus du fait de ma grossesse. Durant une semaine, j’ai voyagé dans les services multipliant les prises de sang. C’est un médecin radiologue qui me revoit et se dit stupéfait de ne pas voir une prise en charge plus rapide. Il m’oriente alors vers son ami obstétricien. Ce dernier aussitôt me confirme la possibilité d’un cancer. Sa femme est hématologue ; elle est venue aussitôt. Elle demande alors une biopsie. 2h après la biopsie, le verdict tombait. Une semaine après, je commençais ma première chimio (8 séances de R HOP et 4 ponctions lombaire).
Là c’est le protocole classique mais j’étais enceinte ; l’angoisse monte et tous les questionnements qui vont avec. Les médecins me rassurent. Ils sont superbes. Et je fais confiance. J’ai subi 2 opérations qui n’ont pas été simple à gérer psychologiquement car la santé de mes enfants est primordiale. Mais pour cela il leur fallait une maman en bonne santé.
J’ai eu 3 chimios pendant ma grossesse. Et mes enfants m’ont fait la surprise de venir au monde naturellement, rapidement et en pleine forme. Ils sont nés à 7 mois de grossesse et sont des forces de la nature.
• Comment ça s’est passé ?
Globalement j’ai bien toléré les traitements. J’étais tellement fixée par la grossesse que je n’ai pas porté importance aux désagréments de la chimio.
J’ai eu quelques changements de goût. Mais on s’adapte ! Et de la fatigue mais bon, j’avais 2 petits bébés à m’occuper. Je n’ai pris aucune aide extérieure. J’estimais être suffisamment médicalisée. Pour ne pas avoir en plus du personnel chez moi ! Mon conjoint, ma famille et mes amis ont été formidable. Bien sur quelques déceptions amicales mais, elles ne méritent pas d’être abordées.
La période limite plus difficile à été juste après l’accouchement : j’ai fais une pneumocystose* très violente ! J’ai bien cru mourir mais j’ai gardé toute mon énergie pour me battre et revoir mes enfants (j’ai été séparée d’eux pendant 13 jours).

 
• Comment as-tu vécu cette période ?
J’ai rencontré d’autres malades une fois mes chimios et ma rémission annoncée. Je n’ai pas eu le besoin de partager cela pendant mon combat. Désormais, je me suis fait un entourage de femmes ayant vécu le cancer pendant la maternité. Et elles sont top !

 
• Comment s’est passé « l’après » ?
J’ai repris le travail 11 mois après la fin des traitements. A 80% , les 3 premiers mois n’ont pas été simple mais cela fait tellement du bien de retrouver une vie ordinaire…

 
• Et maintenant où en es-tu ?
Récemment, j’ai fête mes 2 ans de rémission. Le plus dur est derrière. Et je me fais retirer ma chambre implantable ce mois ci.

 
• Est-ce que le lymphome a changé ta vie ? Si oui, comment/ à quel niveau ?
Bien sûr qu’un cancer change la vie. Je ne retire que du positif et surtout la naissance de mes 2 merveilleux enfants.

 

Lexique : 

Pneumocytose : Forme de pneumonie grave provoquée par un micro organisme. Souvent, cela arrive chez des patients en immunodépression, c’est à dire qu’ils ne se défendent pas suffisamment contre les agressions infectieuses.

 

Sources :

http://www.vulgaris-medical.com

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