Interview n°37 : Morgane

Pour l’interview n°37, c’est la toute jeune Morgane qui nous raconte son histoire.

 

 

– Peux tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Morgane, j’ai 20 ans et j’habite dans le Nord de la France (59), à Solre-le-Château plus précisément.
Je suis atteinte d’un lymphome de Hodgkin stade IV.

 

– Quand et comment as-tu découvert la maladie ?

Tout a commencé en août 2017. J’ai attrapé des douleurs au niveau du cou et de l’épaule gauche, au point de ne plus pouvoir dormir. Quelques jours plus tard, je m’aperçois que j’ai attrapé de grosses adénopathies au cou et à l’emplacement sus-claviculaire. Etant une grande allergique et venant de sortir d’une grosse bronchite, je me dis que mes ganglions sont enflammés, pas de panique ! Début septembre, je me sens très fatiguée et je perds un peu de poids, mes adénopathies ont doublé de volume, je transpire plus qu’à mon habitude, et suis essoufflée au moindre effort. Je décide donc d’aller chez le médecin : prise de sang, échographie, biopsie, scanner. Le bilan tombe : on me diagnostique un lymphome hodgkinien le 16 octobre 2017. L’hématologue n’y a pas été par quatre chemins : « Ca va être très dur, vous serez chauve et stérile. ». Voilà de quoi vous remonter le moral et vous donner envie de vous battre…

 

– Quel traitement as-tu eu ?

J’ai eu de la chimiothérapie : 2 cures BEACOPP (hospitalisation de 3 jours, à 21 jours intervalle), et 4 cures ABVD (hôpital de jour, une cure par mois à raison d’une chimio toutes les 2 semaines). J’en suis actuellement à ma 2ème cure. J’ai aussi réalisé un prélèvement d’ovocytes pour multiplier mes chances d’ être un jour maman.

 

– Comment ça s’est passé ?

Les BEACOPP* ont été très difficiles, autant physiquement que mentalement. Énormément de fatigue (je dormais tout le temps), vomissements, mucites, perte de poids (bon, d’accord, pour ça je ne me plains pas), brûlures et douleurs d’estomac, je n’avais plus aucun goût dans la bouche mais sentais les odeurs en triple, perte de mémoire… J’ai eu beaucoup de mal à supporter le Natulan, qui m’a apporté de l’anorexie mentale. J’ai fait une grosse réaction allergique à l’Etoposide (un composant de la chimiothérapie) qui m’a coûté plaques et boutons rouges sur l’ensemble du corps, démangeaisons et fièvre. La cure ABVD* est beaucoup plus supportable pour moi, juste de la fatigue. Les injections de Zarzio* ont été très douloureuses.

 

– Comment as-tu vécu cette période ?

Je ne vais pas vous mentir : c’est une période très difficile à vivre, mais surmontable. J’ai eu la chance d’être très bien entourée par ma famille et mon fiancé, je pense que l’accompagnement est primordial dans ce genre de moment. On voit aussi le vrai visage de nos amis : certains disparaissent alors qu’on ne l’aurait jamais pensé, comme si le cancer était contagieux. Vivre dans la maladie au quotidien et cela pendant plusieurs mois est vite déprimant, surtout durant les périodes d’aplasie ou il faut à tout prix éviter de sortir…

 

– Est-ce que le lymphome a changé ta vie ? A quel niveau ? 

Oui ! Je me suis rendu compte que dans la vie, il ne faut rien prendre pour acquis. Nous sommes en constance évolution, et du jour au lendemain, tout peut basculer. Mon but après la maladie : ne plus me prendre la tête avec des choses futiles, ne plus vivre pour le regard des autres… et profiter à fond de la vie chaque jour comme si c’était le dernier !

 

 

Lexique :

ABVD : Validée en 1982, protocole standard de première ligne pour les formes à masse tumorale faible. Le traitement se fait en ambulatoire et permet de guérir la majorité des patients avec une toxicité limitée.
Le protocole se compose de :
– Adriblastine (Doxorubicine)
– Bléomycine
– Vinblastine
– Déticène (Dacarbazine)
Il y a deux perfusions intraveineuses identiques à J1 et J15. L’administration dure environ 3h et se fait en hôpital de jour.

Zarzio : Filgrastim qui entraine une augmentation du nombre des polynucléaires neutrophiles. Il est prescrit dans le cadre d’une chimiothérapie.

BEACOPP : Protocole privilégié pour les formes à grosse masse tumorale et les formes avancées de Hodgkin.
– Bléomycine
– Etoposide
– Adriblastine (Doxorubicine)
– Cyclophosphamide (Endoxan)
– Oncovin
– Procarbazine
– Prednisone
Traitement en ambulatoire et en hospitalisation. Les produits sont administrés en intraveineuse et par voie orale.

 

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