Comment parler du cancer aux enfants ?

Aborder le sujet du cancer avec les enfants est un sujet délicat. Surtout qu’à l’âge où ils sont encore si innocents, nous n’avons pas envie de leur parler de choses si moches et si tristes. Mais, nous n’avons pas le choix et il est donc important de bien leur expliquer les choses. Avec ma sœur, nous avons parlé du cancer à ma nièce Chouquette qui avait à peine 5 ans au moment de l’annonce et mon neveu Petit Poussin  âgé d’à peine 2 ans.

Mais, c’est vrai qu’avant d’en parler avec les enfants, nous nous posons un certain nombre de questions sur la façon de procéder ou de dire les choses.

 

 

  • A partir de quel âge peuvent-ils comprendre ? 

C’est toujours délicat de se demander ce que les enfants peuvent comprendre ou pas. Et quand vous devez l’expliquer à plusieurs enfants qui n’ont pas le même âge, cela complique la tâche. Il faut adapter le discours  en fonction de l’âge des enfants mais aussi du caractère afin d’être le plus clair possible.

D’une façon générale, on considère que pour les enfants entre 3 et 7 ans, les lois de la réalité n’existent pas : ils pensent que tout ce qu’ils imaginent va arriver pour de vrai. De plus, à cet âge là, un enfant n’a pas vraiment la notion du temps et de l’espace. Il pense de façon concrète et prend les choses au 1er degré.
Chouquette et Petit Poussin étaient très jeunes. Je savais que Chouquette serait en âge de comprendre certaines choses : les plus importantes. Comme ils ne me voient pas quotidiennement, le discours est bien sûr différent mais il était important de leur dire. Surtout que dans leur cas, ils allaient me voir passer de « normale » à « malade » et je ne voulais pas que ça leur fasse un choc. Petit Poussin ne pouvait pas forcément comprendre mais je me suis dit que si je lui expliquais en même temps que sa sœur, au moins il saurait. Mais à l’âge  où ils apprennent tout juste à parler, aborder un tel sujet est compliqué. …  Comme Chouquette est très intelligente (vous vous dites : elle dit ça parce que c’est sa nièce ! Peut-être mais n’empêche qu’elle est quand même très intelligente!), curieuse et en même temps sensible, j’ai décidé de lui en parler très simplement, en lui donnant des repères et des exemples qui pourraient la rassurer un peu et lui permettraient de mieux comprendre. Vu leur très jeune âge, nous n’avons jamais prononcé le mot « Cancer » devant eux. Et d’ailleurs ils n’ont jamais demandé comment s’appelait ma maladie….
Pour des enfants plus âgés, l’idéal est de discuter avec eux afin de savoir ce qu’ils savent au sujet du cancer. Un enfant de 10 ans en a déjà forcément entendu parler (malheureusement…) mais, que sait-il exactement ?
Afin de pouvoir aborder ce sujet plus sereinement aussi bien pour les enfants que pour les parents, je vous ai mis à la fin de l’article une bibliographie (que j’espère assez complète) pour parler du sujet en fonction de l’âge des enfants.

Si vos enfants souhaitent un support un peu plus médical et qu’ils sont curieux, La ligue contre le Cancer propose « Clap Santé » un magazine de prévention pour les 9 -13 ans. Ce trimestriel est gratuit. Vous pouvez abonner vos enfants via le site de la Ligue ou le télécharger. Il aborde différents sujets de santé ainsi que le cancer.

Je vous propose également deux dessins animés sur U Tube que je trouve assez bien fait afin d’expliquer la maladie aux petits. Pour les plus grands (adolescents) il y a le film et le livre « Nos étoiles contraires ». Personnellement j’ai vu le film, un soir en rentrant de chimio (oui je sais je dois être folle). Bon, la boite de mouchoir y est passé et, je n’ai jamais autant pleuré devant un film ! Donc clairement, même si c’est une belle leçon de vie, c’est quand même super triste….

 

  • Quel est le bon moment pour leur parler ?

Il faut prendre le temps d’en parler, répéter les informations si on pense que l’enfant n’a pas compris et répondre aux questions qu’il peut se poser. Il faut donc prévoir un peu de temps ; ce n’est pas le genre d’information qu’on leur balance au petit déjeuner bien sur…

Je ne pense pas qu’il y ai de bon moment mais il faut surtout prendre son courage à deux mains et leur en parler assez vite car le temps presse un peu…. Dans mon cas, comme tout devait aller très vite (15 jours avant la première chimio et beaucoup d’examens et opérations entre temps), il y avait urgence. Je voulais passer un peu de temps avec eux et leur dire les choses de vive voix. Donc, le lendemain de l’annonce du diagnostic, nous nous sommes vu pour déjeuner. Les petits étaient excité à l’idée d’aller au resto. Je crois qu’à ce moment-là, je ne réalisais pas trop moi-même ce qui allait se passer car je n’avais pas encore eu le temps de digérer l’information mais je n’avais pas d’autres solutions. Je me souviens leur avoir parlé en attendant que les plats arrivent (ce n’est pas forcément le meilleur moment quand on est avec deux monstres affamés). Mais, ça leur laissait un peu de temps pour digérer l’information et ils pouvaient en reparler par la suite avec ma sœur si des questions leur venaient.

 

  • Doit – on leur dire toute la vérité ? 

En règle générale, il faut être franc avec les enfants car ils vont s’apercevoir que quelque chose ne va pas et ils vont s’imaginer le pire. Les spécialistes sont unanimes sur ce point car les enfants sont de vrais éponges. Depuis quelques jours, les petits et surtout Chouquette sentaient que quelque chose n’allait pas. Ils voyaient que les adultes discutaient dans un coin, qu’ils étaient bizarres, ils se posaient des questions. Il fallait donc leur dire ce qu’il en était.

Il faut être franc même si les nouvelles ne sont pas bonnes. Les enfants ont besoin d’en savoir suffisamment pour être préparé aux changements qui vont affecter leur routine et leur vie au quotidien. Expliquez leur par exemple qu’il va y avoir des allers et retours à l’hôpital et que vous ne serez pas forcément à la maison quand ils vont rentrer de l’école. Ou encore qu’une autre personne (ami, famille) prendra le relais afin de vous aider dans les taches du quotidien, qu’il va y avoir des modifications dans les corvées ou les activités.

Au moment où j’ai parlé à Chouquette, je savais que j’allais rater son premier goûter d’anniversaire avec ses amis qui devait avoir lieu pendant ma première aplasie. J’étais vraiment triste de ne pas être présente surtout qu’on le préparait depuis des semaines avec ma sœur mais je n’avais pas le choix… Il fallait que je l’explique à Chouquette et je savais que ce serait dur pour elle. Comment peut-on comprendre à 5 ans que sa tata (et marraine) rate son anniversaire ?  Et puis, comme chez moi nos anniversaires se suivent, cela signifiait aussi qu’on ne pourrait pas fêter le mien…. Bien sûr, je n’ai pas eu à leur parler de certains aspects de la maladie car je savais qu’ils n’y seraient pas confronté. Je leur ai parlé uniquement de ce qui les concernerait ou qui serait visible (les changements physiques). J’ai donc été très transparente avec Chouquette.

Je me souviens qu’un jour j’étais assise sur un banc dans un parc et je portais mon masque car j’étais en aplasie. Un petit garçon de 6 ou 7 ans est venu me demander pourquoi je le portais. Il était curieux mais pas du tout effrayé (moins que certains adultes qui semblaient me fuir comme si j’avais la peste). Je lui ai simplement expliqué que j’étais malade et que je devais faire attention à ne pas attraper des microbes. Il a été satisfait de la réponse et est retourné faire de la balançoire.

Je crois qu’il ne faut pas faire de promesse : ne pas promettre la guérison tant qu’on n’est pas en rémission. L’enfant pourrait mal le prendre et perdre la confiance qu’il a en vous. Je n’ai jamais promis à Chouquette que j’allais guérir. Et encore maintenant quand elle me pose la question…  Elle m’a d’ailleurs demandé il n’y a pas très longtemps si je pouvais à nouveau être malade. C’est une question difficile à expliquer à un enfant de 6 ans surtout quand on constate  que certains adultes ne comprennent pas les mots « rechute », « rémission » ou « guérison ». Je lui ai donc répondu que j’allais souvent chez le Docteur pour qu’il regarde si tout va bien et qu’on espère que ça continuera à  aller bien. Mais si je devais de nouveau être malade, le Docteur le verra vite et fera tout pour me soigner encore. Je sais que Chouquette préférerait que je luis dise que je suis guéri mais, ce n’est pas la vérité et cette réponse semble lui convenir.

 

  • Comment leur expliquer la maladie ? 

Les psychologues conseillent de donner des informations de base comme le nom du cancer, la partie du corps qu’il touche, le traitement et les effets secondaires (ce qui est visible et qui peut avoir une répercussion sur l’enfant).

Il faut également faire attention aux mots employés qui ne leur sont pas familiers et qui peuvent les effrayer : par exemple, il est préférable de dire « Docteur » plutôt que « Oncologue » ou « médicaments » au lieu de « chimiothérapie ». Il vaut mieux parler de « boule » plutôt que de « tumeur ». D’ailleurs, ce mot qui ne leur est pas familier peut être mal interprété par l’enfant qui peut le comprendre comme « tu meurs ».

J’ai fait le choix de ne pas utiliser de mots compliqués, ni de terme médicaux car ça ne fait pas parti de leur vocabulaire et je ne voulais pas les effrayer. Dans le cas du lymphome, la maladie ne se voit pas vraiment donc c’est un peu difficile à expliquer. Je me souviens avoir dit à Chouquette et Petit Poussin que j’étais très malade mais que le Docteur allait me soigner. Je devrais aller à l’hôpital très souvent, parfois même y dormir et que les enfants ne pouvaient pas venir me voir car ce n’est pas un endroit très drôle. Je leur ai dit que j’avais des méchants microbes qui se promenaient dans mon corps et qu’avec les médicaments on allait les tuer. Je leur ai aussi parlé du Docteur qui était très gentil et que c’était le Docteur Noémie (Eh oui, le hasard a fait que mon hématologue porte le même prénom que moi, bien qu’il ne soit pas très courant!) et que par conséquent elle était très forte pour soigner les gens et que j’avais confiance en elle.

Pour les autres aspects de la maladie, j’ai essayé de leur expliquer ça de façon simple et imagée. Par exemple, le PAC était la boule qui permettait de me donner les médicaments pour me guérir. Et le PET Scan (qui intrigue beaucoup Chouquette) est la machine magique qui permet de voir à l’intérieur du corps et de prendre des photos ; les méchants microbes qui sont fluo sont donc bien visibles !
N’ayez pas peur de leur parler de vos émotions, cela peut aussi les aider à exprimer ce qu’ils ressentent. J’ai essayé d’être toujours très positive dans mes explications afin  de ne pas les inquiéter. Je leur avais notamment parlé de la fatigue ; ils ont bien compris et fait des efforts pour ne pas trop s’agiter ou être bruyant même si c’est dur à cet âge là.  Nous avons essayé de continuer à faire des activités ensemble mais adaptés en fonction de moi pour qu’on puisse passer de bons moments malgré tout. Chouquette a toujours été prévenante avec moi. Un jour, nous sommes allées nous promener, il faisait très chaud et il y a avait beaucoup de soleil. Ma peau brûlait littéralement et en plus, je fais une allergie à la crème solaire (Oui je sais je suis bizarre ! Je pense même que je pourrais en écrire un article…). Chouquette m’a tendue la main en me disant : « Tata tu peux me donner la main, grand-mère a mis de la crème partout sauf là, tu peux me toucher sans crainte »… Et après dès qu’elle voyait de l’ombre elle me disait de m’y mettre. Une vrai petite mère avec moi !

Il est important de parler de l’alopécie car c’est l’effet secondaire le plus visible et l’enfant se posera forcément des questions et peut être perturbé. Il faut leur expliquer que c’est le signe que les traitements fonctionnent et pas une conséquence de la maladie. Je n’ai pas dit clairement que j’allais perdre mes cheveux, je l’ai plus suggéré. C’est l’aspect de la maladie qui risquait de perturber le plus Chouquette car c’est une vrai fille (et pour elle, une fille a les cheveux longs). J’ai dit à Chouquette que dans un premier temps j’allais couper mes cheveux et que après je mettrais une perruque ou un foulard (je préférais être vague car je ne savais pas encore quelle option j’allais choisir). Chouquette m’a regardé bizarrement et m’a dit : « Tu vas avoir la coupe de Grand Père ? » Pour que tout le monde imagine bien, Grand Père commence à être dégarni…. Je lui ai dit : « Ben oui, comme ça je ressemblerais à Grand Père »….. Et sa seule réponse a été : « Mais tu es une fille….. « Je lui ai expliqué que ça ne changerait pas, que d’ailleurs je ne changerais pas et que les cheveux repousseront après quand j’irais mieux. En ce qui concerne la perruque j’avais peur qu’elle trouve ça étrange mais en fait elle l’ a comparé  à sa perruque de la Reine des Neiges…. D’ailleurs, je l’ai déjà surprise en train de vouloir coiffer ma perruque. Oui, elle croit que c’est une tête à coiffer…. LOL. La première fois qu’elle m’a vu avec un foulard sur la tête elle a été assez surprise et mal à l’aise. J’ai essayé de dédramatiser la situation en lui demandant comment elle le trouvait et la façon dont il était attaché. Maintenant, elle adore aller fouiller dans ma chambre parmi mes foulards.

Chouquette était impatiente de revoir mes cheveux mais, elle est un peu déçu. Je crois qu’elle pensait qu’ils seraient long comme avant dès que j’enlèverais le foulard et puis, pour elle c’est trop long à pousser. Elle me demande d’ailleurs  souvent quand ils seront long comme avant mais je n’ai pas trop de réponse à lui donner. Ce qui est difficile aussi pour elle (et à lui expliquer) c’est qu’ils ne sont plus de la même couleur (j’étais blonde et ils sont châtains maintenant…) et elle n’aime pas trop…. Comme elle me dit : « Je préfère tes cheveux de l’année dernière…. »

Petit Poussin n’a pas été perturbé plus que ça. Quand j’ai voulu retirer mon bonnet au moment de la repousse et que je lui ai demandé comment il trouvait, il m’a regardé avec sa petite bouille comme si je lui posais la question la plus difficile au monde et m’a dit : « Je ne sais pas ». Et finalement il m’a dit que j’étais mieux avec le bonnet…. Il parait que la vérité sort de la bouche des enfants !

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  • Vont-ils penser au pire ? À la mort ?  

C’est difficile pour eux de comprendre une maladie qui n’est pas très visible. Rassurez-les en leur disant qu’ils ne peuvent pas l’attraper car souvent les jeunes enfants peuvent penser que c’est comme un rhume et que c’est contagieux. La première fois que les petits sont venus me rendre visite, cela faisait presque deux mois qu’ils ne m’avaient pas vu. Ben oui, entre les aplasies et eux qui avaient attrapé les rhumes et autres gastro à l’école, c’était un peu délicat. Et Chouquette semblait gênée et ne voulait pas me faire de bisou. J’ai compris qu’elle avait peur car elle craignait d’attraper ma maladie. On lui a alors expliqué que ça ne marche pas comme ça et qu’elle ne risque rien. Et, j’ai finalement eu mon bisou….

Parfois, les enfants peuvent aussi penser qu’ils sont responsables de la maladie, que c’est de leur faute parce qu’ils n’ont pas été sage. Expliquez leur que cela n’a rien n’a voir et qu’ils n’y sont pour rien.

Il est possible que les enfants vous posent des questions sur la mort. Cela est d’autant plus vrai si ils sont dans leur « période mort ». Chouquette n’a pas posé de questions là-dessus (pourtant elle était à fond dans sa période mort). Mais, elle en a parlé un peu plus tard. Après les traitements et la rémission, elle a dit à ma sœur qu’elle avait bien compris que quand j’étais malade c’était grave et que j’aurais pu mourir…… Eh oui, ils sont loin d’être bête !

Je suis contente de ne pas avoir prononcé le mot « cancer » car pendant que j’étais en traitement, un enfant dans l’école de Chouquette est décédé d’un cancer. Les enseignants en ont parlé aux enfants pour leur expliquer la situation. Chouquette en a parlé à la maison mais, elle n’a pas fait le lien. Ça  nous a rassuré parce qu’en fait, à chaque fois qu’elle a entendu parler de cancer, c’était associé à la mort.

 

  • Comment faire face à leurs questions ? 

Dire aux enfants que l’on peut parler ouvertement du cancer et qu’ils ne doivent pas hésiter si ils ont des questions à poser. Lorsque je leur ai annoncé la maladie, les petits n’ont pas eu de réaction, ni de question. Sur le coup, j’ai trouvé ça bizarre parce que je me suis demandée si ils avaient compris. Mais, la conversation a du trotter dans la tête de Chouquette car elle en a parlé quelque temps plus tard, en disant que j’étais malade et qu’elle était triste qu’on ne puisse pas se voir. Heureusement qu’il y a la technologie ! On a donc décidé avec ma sœur de se parler via Skype au moins une fois par semaine pour que les enfants  voient que j’allais bien. Surtout que Chouquette m’a déjà fait le coup de penser que si elle ne voit pas quelqu’un c’est qu’il est mort…. Avec ce système, ils me montraient absolument tout : j’ai eu le droit à des histoires, partager leur goûter, jouer avec eux à distance, des chansons, etc…  Et même la visite du nouvel appart… Bref, la totale ! Et Petit Poussin qui commençait à parler, reconnaissait la sonnerie de Skype et disait : « C’est Tata Noémie ! » Trop mignon…. Le problème c’est que maintenant quand je les ai au téléphone ils pensent systématiquement que je les vois…..
Il est important de dire aux enfants que vous leur dites la vérité et que vous les tenez informé au fur et à mesure. Parce que forcément au moment de l’annonce, vous n’avez-vous-même pas toutes les réponses. Vous pouvez donc leur dire des choses comme :

– « Les médecins ont dit que j’allais aller mieux. Je les crois et je veux que vous les croyiez aussi ».

– « Il arrive que parfois les gens meurent du cancer. Les médecins ont dit que les traitements étaient efficaces donc je ne m’attends pas à ce que ça m’arrive ».

– « Je ne sais pas ce qui va se passer. J’en saurais plus quand j’aurais commencé les traitements ».

– « Les médecins font tout ce qu’ils peuvent pour m’aider à guérir ».

Chouquette qui n’avait pas la notion du temps a voulu savoir dès le départ combien de temps je serais malade. C’est difficile à dire, surtout avant de commencer les traitements. Je lui ai donc répondu ce que je savais : je lui ai dit que j’irais à l’hôpital pour qu’on me donne des médicaments jusqu’à ce qu’elle rentre en grande section de maternelle. C’est ce que le Docteur Noémie avait dit. Mais que cela pouvait changer d’ici là. Heureusement, tout s’est déroulé comme prévu. J’ai eu ma dernière chimio le 30 aout et, le 1er septembre, Chouquette m’a appelée pour me raconter sa rentrée des classes et elle m’a demandé si j’étais guéri. Elle n’avait pas oublié ce que je lui avais dit le jour où je lui ai annoncé la maladie. Et, en y repensant, elle ne m’a jamais posé de questions à ce sujet durant les traitements. Elle avait eu un repère dès le début et, ça lui convenait.

Je crois que les questions les plus dures que Chouquette m’ai posées sont : « Est ce que les enfants peuvent avoir ta maladie? » et « Si on a peur d’aller dans la machine magique (Tep Scan), alors on n’y va pas? », ou encoure « Est-ce que moi aussi je pourrais être très malade? » Honnêtement ce n’est pas le genre de questions qu’on a envie d’entendre dans la bouche d’un enfant de 5 ans mais malheureusement c’est la vie…. Et malgré tout j’ai répondu à ces questions en essayant d’être optimiste et de la rassurer autant que possible.

 

 

Je ne pense pas que Chouquette et Petit Poussin soient perturbé par cette période. Chouquette ne l’oubliera pas c’est sûr mais indirectement, ça l’a fait grandir et elle sait apprécier les moments qu’on passe ensemble. Cette année je me suis rattrapée pour son 6ème anniversaire : j’ai fait la décoration de sa fête (et elle en était très fière), je me suis lâchée sur les ballons et autres accessoires, j’ai même participé aux jeux avec ses amis… Et, histoire de profiter ensemble, nous avons passé une journée toutes les deux au musée à partager et profiter de la vie et je pense que dans la mesure du possible nous allons renouveler ça chaque année car on en garde un très bon souvenir. Petit Poussin quant à lui est incapable de me reconnaître sur les photos avec les cheveux longs. Par contre, avec un bonnet ou un foulard oui !

Et depuis, la famille s’est agrandi puisque la petite dernière, Coquillette a décidée de faire son apparition pile au moment où j’apprenais mon cancer. La vie est parfois étrange… Mais, cette bonne nouvelle était une motivation supplémentaire durant l’épreuve. Coquillette a pointé son petit nez au moment de ma rémission et je la soupçonne déjà de faire sa coquine avec moi. D’ailleurs en ce moment, nous faisons un concours de celle qui a les cheveux qui poussent le plus vite…..

Pour les illustrations, il y a mon portrait fait par Chouquette avec « mes cheveux de l’année dernière, parce que c’était mieux »…. Le dessin qui représente les méchants microbes dans mon corps toujours selon Chouquette (et qui nous a inspiré pour la création des petits montres de Lymphome & Cie) et, les photos souvenirs (les rares que j’ai) de cette période de ma vie avec les petits.

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Livres qui abordent le sujet : 

– Pour les tout petits  (moins de 3 ans) : 

« La maman de Léon est malade » Olga Dupré, Denis Walravens, éditions Lulu.com, 2013 – à partir de 18 mois.

 La maman de Léon a un cancer. De la découverte à la guérison en passant par les traitements. Léon le petit girafon vit dans la savane jusqu’au jour où il apprend que sa maman a un cancer. Il découvre les traitements qui lui font perdre ses taches…

 

« Nourson et la maladie de maman » Sandrine Labarthe, Claire Brenier, édité par Sandrine Labarthe, 2013 – à partir de 18 mois.

La maman doit trouver les mots pour annoncer à son petit ourson qu’elle est malade.

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« Grand arbre est malade » Pour parler avec de très jeunes enfants d’un parent atteint du cancer.

– Pour les 3 à 7 ans

« Mon papa est malade » Gaelle Callac, Antonia Altmeyer, Xu Hualing, éditions le buveur d’encre, 2014 – à partir de 3 ans.  Répondre aux questions des enfants dont le papa a un cancer.

 

« Dis maman » Eve Bunting, Sergio Ruzzier, 2012 – à partir de 3 ans.

Petit éléphant se promène dans la savane et s’interroge sur le monde qui l’entoure et sur lui – même.

 

« La Croute » Charlotte Moundlic, 2009 – à partir de 3 ans.

Un petit garçon se réveille un matin et comprend que sa mère est morte dans la nuit. Il passe par divers sentiments. Il refuse que sa maman soit partie pour toujours. Petit à petit, malgré le chagrin, il comprend que sa maman est toujours là. Il réapprend alors le quotidien sans sa maman mais avec son papa.

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« Calme et attentif comme une grenouille » Eline Snel, Christophe André, Editions les Ternes, 2017 – de 5 à 12 ans.

 Aide à parler des émotions.

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« Les questions des tout petits sur la mort » Marie Aubinais, Anouk Ricard, Dan Kerleroux, 2010. – à partir de 5 ans.

Pourquoi la mort existe ? Comment savoir quand on va mourir ? Etc.

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« Mes p’tits docs : l’hopital » Stéphanie Ledu, Patrick Chenot, Mes p’tits docs, 2009 – à partir de 3 ans.

Pour expliquer l’hôpital.

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« Le loup est malade » Brigitte Marleau, éditions Boomerang, 2010 – à partir de 4 ans.

Aborde le cancer de la maman d’un petit garçon avec qui il chantait tous les soirs « Promenons-nous dans les bois…. » Mais, depuis quelques temps, c’est seulement papa qui lui chante.

 

« Qui mange salade jamais malade » Cécile Faysse, Yveline Loiseur, Association des Amis du Centre de Cancérologie Chénieux, 2010 – à partir de 6 ans.

Pour les enfants qui ont une maman atteinte d’un cancer du sein.

 

« Maman a le cancer : vivre avec la maladie » Jennifer Moore-Mollinos, Héritage, Parlons-en ! 2008.

Encourage les parents à être ouverts, honnêtes et explicites avec les enfants sur le diagnostic de la maladie.

 

« Maman, tu seras là? » Anne de La Bruniere, Sarah Dauchy, Savine Pied, Nana, 2012 – à partir de 3 ans.

Une petite fille se rend compte de toutes les choses qu’elle arrive à faire seule au fur et à mesure qu’elle grandit.  Le livre aborde une des grandes questions de l’enfance qui est d’autant plus vrai quand un des deux parent est malade.

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« Maman a une grave maladie » Hélène Juvigny, Brigitte Labbé, Olivier Latyk, éditions Milan, 2007 – à partir de 6 ans.

La maman de Hugo a un cancer. Ca le rend triste, il a peur, il est en colère, il a honte, il a envie de pleurer, de tout casser.

Un livre pour aider à dire et à comprendre ce qui se passe à l’intérieur de soi.

 

« Ma maman est malade » Benou, éditions du Mouton cerise, 2007 – pour les moins de 6 ans.

 Il raconte avec des mots d’enfants le cancer de la maman, de la découverte de la maladie jusqu’à la rémission. Cet ouvrage est très coloré, optimiste et adapté aux petits.

 

« Maman est malade » Eric Englebert, éditions Grasset Jeunesse, 2006 – à partir de 6 ans.

Maman a un cancer, ce n’est pas drôle, on ne peut pas inviter les copines à la maison. Un ouvrage pour dédramatiser les situations qui peuvent être angoissantes pour les petits.

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« Alice au pays du cancer » Martine Hennuy, Sophie Buyse, Lisbeth Renardy, Alice éditions / Histoires comme ça, 2006 – à partir de 5 ans.

Rédigé par « cancer & Psychologie », une association spécialisée dans l’écoute du malade et de sa famille, ce livre mêle imaginaire et explications.

 

– Pour les 8 à 11 ans

« Ne t’inquiète pas pour moi » Alice Kuipers, Valérie Le Plouhinec, éditions Albin Michel, 2014 – à partir de 10 ans.

Relation du quotidien entre une mère et sa fille adolescente, jusqu’au jour ou la maman découvre qu’elle est gravement malade.

 

« Vivre avec un parent malade » Jean-Philippe Raynaud, Dr Michel Vignes, Yann Autret, éditions Milan Jeunesse, 2008 – Pour les 8-12 ans.

Quand un des parents a une maladie grave et qui fait peur : cancer, sida, diabète, dépression, alcoolisme… Pour aider et rassurer sans occulter la vérité.

 

« L’année où ma mère est devenue chauve » Ann Speltz, Kate Sternberg, Marie-France Bourbeau, Québec : éditions Enfants Québec, 2007 – à partir de 8 ans.

Claire, 9 ans, parle dans son journal intime des préoccupations et inquiétudes face au cancer de sa maman. Le livre aborde le diagnostic et les traitements ainsi que les tabous et les mythes qui entourent la maladie.

 

« Anatole l’a dit ! » Katrine Leverve, Nicole Landry-Datte, Jérome Cloup, éditions K’Noé, 2004 – à partir de 10 ans.

Le livre raconte l’histoire de deux enfants dont la maman a un cancer. C’est un support d’information et de communications pour parler du cancer d’un proche à un enfant. A la fin, il y a également quelques pages destinées au parents avec des conseils pour aborder ce sujet difficile avec leur enfant.

 

« L’attaque des céfoles » Sophie Séronie-Vivien, Roland Bugat, Alice Jeunesse, 2005 – à partir de 9 ans.

Fiona a 10 ans et elle comprend que sa maman a un cancer du sein même si ses parents font comme si tout allait bien. Elle commence alors une correspondance avec un cancérologue à qui elle pose toutes les questions. Elle décide d’en parler avec ses parents qui refusent la discussion.

 

– Pour les adolescents (plus de 12 ans)

« Quelques minutes après minuit » Patrick Ness, éditions Gallimard Jeunesse, 2012 – à partir de 13 ans.

Livre qui aborde les peurs et les souffrances vis-à-vis de son parent malade.

« Ida B… Et ses plans pour s’amuser à fond, éviter les désastres et (éventuellement) sauver le monde » Katherine Hannigan, Fanny Ladde, Sueil Jeunesse, 2005 – à partir de 12 ans.

Ida B est la petite fille la plus heureuse du monde ; elle ne va pas à l’école et se sont ses parents qui lui font la classe. Mais tout son monde enchanteur s’écroule quand elle apprend que sa maman est gravement malade et qu’elle va devoir retourner à l’école. Plus rien ne sera comme avant.

« L’ainé de mes soucis » Carine Tardieu, éditions Actes Sud Junior / ciné-Roman, 2005.

Thomas a 10 ans et sa maman a un cancer du sein. Avec la chimiothérapie, elle a perdu tous ses cheveux et porte donc une perruque. Mais, comme ils habitent au bord de la mer, la perruque ne cesse de s’envoler avec le vent. Le papa essaye de trouver une solution (velcro, glu, chewing gum…) mais rien ne tient ! Thomas trouve alors une solution : toute la famille se rase la tête. La famille « crane d’œuf » ose alors sortir la tête haute.

« Lettres à Félix » Renate Welsh, Patrick Gromy, édtions Hachette jeunesse, 1991 – à partir de 12 ans.

Nicky rend visite à sa grand-mère qui se meurt d’un cancer. Elle se trouve désemparée et écrit de longues lettres à Félix dans lesquelles elle parle de sa douleur et de son impuissance.

– Pour aider les adultes à en parler aux enfants

« Comment parler du cancer d’un jeune parent à son enfant » Léa Ganzel, éditions Josette Lyon, 2014

 

« Dis, maman, ils sont où tes bobos ? «  Isabelle Denervaud, Isabelle Viennois, éditions Albin Michel, 2014.

Lorsque survient le diagnostic du cancer, qu’il faut faire face aux traitements et aux remises en cause. Comment l’annoncer à ma famille? Dois-je le dire à tout le monde? Faut-il me montrer devant les enfants sans ma perruque ?

« Au secours, Kit de discussion pour désamorcer toutes les peurs » Editions Minus,. Jeux où on tire une carte « Peur » et on en discute ou une carte « Même pas peur » et on relève un défi. Jeux pour affronter ses peurs et en parler.

 

Un membre de ma famille a le cancer : vidéo pour les enfants et les parents HD : https://www.youtube.com/watch?v=k4eOqAWM3Rc&t=5s

Mission spéciale Charly est malade   : https://www.youtube.com/watch?v=bBC4qro2vI0

Nos Etoiles Contraires : Bande annonce [Officielle] VF HD : https://www.youtube.com/watch?v=X6WVLSdigCk&t=1s

 

Sources :

http://www.le-mis.fr

http://www.psychologies.com

http://www.ligue-cancer.net

http://www.entrepatients.net

http://www.roche.fr

http://www.lapsyquiparle.fr

http://www.cancer.ca

http://www.sparadrap.org

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