Interview n°16 : Jimmy

Pour cette interview n°16, c’est Jimmy, 29 ans, qui habite près de Dunkerque dans le Nord qui témoigne. Il est le conjoint de Cléa (interview n°8).

– Pour commencer, dis nous qui dans ton entourage est touché par le lymphome ? 

Ma conjointe Cléa atteinte d’un lymphome non Hogdkinien à grandes cellules B du médiastin.

 

– Quelles répercussions l’annonce du lymphome a-t-il eu sur toi ?

J’ai eu énormément de mal à réaliser la situation. Avant l’annonce, jusqu’au bout je ne voulais pas y croire. On a cherché longtemps ce qu’elle avait, mais jamais je n’aurais pensé  à un cancer.

Cléa m’a dit « Si tu veux tu peux partir, je ne te force pas à rester » car notre vie allait changer, qu’on risque de ne pas pouvoir avoir d’enfant et que ça va être très compliqué. Nous nous sommes fiancé le jour de la Saint Valentin (2 semaines avant). Je lui ai répondu « Tu me prends pour quoi ? » Pour moi sa question était ridicule ;  bien sûr que je serais là et que je ferais tout ce que je peux pour l’aider! Je ne suis un lâche! Pas comme certains qui ont fuis !

 

– Pour toi, qu’est ce qui a été le plus dur à gérer ?

Le plus dur a été la fatigue : faire mes heures de travail postés puis ensuite enchaîner le reste de la journée à la maison, l’hôpital à Dunkerque ou à Lille. Par chance mon entreprise a été très compréhensive et arrangeante malgré que je sois intérimaire. J’ai pu changer quelques horaires pour être présent l’après-midi à l’hôpital et, il m’est arrivé de quitter le travail en urgence car elle devait partir en secteur protégé à cause d’aplasie. Il suffit d’en parler, les supérieurs ça reste des êtres humains.

PS: Le café très reboostant du CHD (Centre Hospitalier de Dunkerque) a été mon ami.

 

– As-tu réussi à avoir les informations nécessaires pour faire face à la situation ? 

Les informations je les ai eu surtout par les proches des voisines de chambre. Lorsqu’on nous demande de sortir de la chambre pendant les soins, j’ai pu échanger et ça m’a énormément aidé.

Sur internet aussi mais il faut faire attention aux sources.

Les témoignages comme dans les livres de Marine de Nicola (« Le baiser de l’ouragan »), Chloé Renault « (Le nénuphar ») également.

Ensuite nous sommes parti à « Highway to health » le weekend pour les jeunes face au cancer et nous avons rencontré de très belles personnes avec qui échanger dans les associations « On est la » , »Cheer’up » et « Aïda ».

 

– Comment as-tu aidé Cléa dans la maladie ? 

J’ai décidé de m’occuper de tout ce qui était possible pour la soulager : les papiers, les rendez-vous, le VSL, les médicaments, les tâches ménagères, les repas, les courses, les aides pendant les coups de fatigue, quelques soins de la peau, etc…

Je voulais que la seule chose dont elle devait se préoccuper, c’était de se rendre à l’hôpital et faire sa chimiothérapie.

Je me suis même transformé en espèce de coach moralement en laissant de côté mes craintes. Toujours positif, la faire rire, toujours lui dire que je l’aime et qu’elle est belle même si elle ne me trouve pas très crédible face à ses cicatrices et sa perte de cheveux.

Je lui ramène des livres, des repas fast-food, des salades, des sandwichs, des petites gourmandises à l’hôpital pour qu’elle mange surtout les jours de poisson (c’est devenu immangeable pour elle).

La chimio ça change l’odorat, les humeurs et le corps.

Elle a des envies de nourriture spéciale comme des femmes enceintes et j’accours pour lui faire plaisir.

Qu’elle garde le moral c’est important pour moi.

Votre proche a besoin de personnes fortes et optimistes autour d’elle. Fuyez les personnes faibles, défaitistes et curieux, au moins pendant cette période. On n’a pas besoin de pleurnichard !

 

– Est-ce que cette épreuve a changé votre relation ?

Nous étions très amoureux et cette épreuve nous a rendu encore plus fusionnel. Des fois il m’arrive même de parler de la maladie au pluriel en disant « On, Nous » comme si c’était devenu la mienne aussi. Même si je sais que je ne ressentirai jamais ses douleurs, ses faiblesses, ses angoisses, ça la touche donc ça me touche aussi. Je me suis investi à fond, je ne suis pas médecin mais je peux faire beaucoup.

 

– Est-ce que cela a eu des répercussions sur ta vie ? 

Oui bien sûr que ça a changé ma vie. On a une autre vision de la vie.

Déjà je ne supporte plus les gens qui se plaignent de leurs petits bobos, de leurs petits soucis. Alors que nous voyons dans son service des malades qui souffrent, qui sont en fin de vie, qui se demandent si le traitement fonctionnera ou combien de temps leur reste t’il…

J’ai arrêté de fumer, j’étais même prêt à raser mes cheveux avec elle, pour la soutenir mais elle n’a pas été d’accord.

À chaque moment où Cléa se sent bien on en profite d’avantage.

J’ai commencé à donner mon sang, chose que je ne savais pas c’est que 46% des dons servent pour les maladies du sang et les cancers.

J’ai commencé la course à pied, je m’entraîne pour améliorer mes performances car je souhaite participer à des courses permettant de récolter des dons pour la lutte contre le cancer comme la course des héros à Paris où je ferais 10km.

Et une fois la rémission annoncée pour Cléa, nous souhaitons nous investir dans les associations. Nous pensons qu’on a notre rôle à jouer.

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